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Thierry Adam : "L'adrénaline, c'est le direct"

Thierry-Adam.jpgEntre le samedi 30 juin et le dimanche 22 juillet 2012, le 99e Tour de France proposera un prologue et 20 étapes, couvrant ainsi une distance totale d’environ 3 500 kilomètres. Rencontre avec Thierry Adam, la voix du Tour...

 

Y a-t-il des nouveautés par rapport à l’édition 2011 ?
Le seul vrai changement visible, dans l’émission de Gérard Holtz après l’étape du jour, sera l’immersion de Rodolphe Gaudin, journaliste de la rédaction, au cœur de l’équipe Europcar, celle de Thomas Voeckler et de Pierre Rolland. L’objectif sera de montrer aux téléspectateurs comment vit une équipe durant le Tour de France.

 

Quelles sont les principales chances françaises sur ce Tour 2012 ?
Gagner le Tour sera très difficile. En revanche, plusieurs coureurs d’expérience comme Sylvain Chavanel, Thomas Voeckler ou Pierre Rolland peuvent briller. Il y a aussi la génération des 21-23 ans qui arrive, avec Julien Simon ou encore Arthur Vichot, qui vient de gagner le Dauphiné. Ces jeunes ont de l’envie, du talent et ont déjà montré qu’ils étaient capables de gagner de grandes courses. Je ne suis donc pas inquiet. Depuis le début de l’année, les Français en sont déjà à 75 victoires ; l’an dernier ils ont dépassé les 100. Je pense donc que nous aurons un Tour de France plutôt riche.

 

Quel est votre favori pour la victoire finale ?
Bradley Wiggins, l’Anglais qui vient de gagner Paris-Nice - sur France Télévisions -, qui a remporté le Dauphiné ainsi que le Tour de Romandie et qui aujourd’hui est de loin le favori numéro un puisqu’il a en plus la spécificité d’avoir été formé sur la piste. Le contre-la-montre lui convient donc très bien. Ce qui est amusant, c’est que 2012 est l’année de l’Angleterre : il y a le jubilé de la reine, les Jeux olympiques… Bradley Wiggins est l’archétype de l’Anglais comme l’imaginent les Français ; un peu comme si la France avait un coureur avec une baguette sous le bras et un béret !

 

Quel est le dispositif de France Télévisions pour cet événement ?
Pour résumer, le Tour, c’est de 13h à 19h. Nous démarrons l’ambiance Tour avec le Village Départ de Laurent Luyat de 13h à 13h45 et nous faisons ensuite le point avec Gérard Holtz sur la course, que nous suivons jusqu’à l’arrivée. Dans l’émission d’après-Tour, nous essayons de bien expliquer aux gens tout ce qu’on leur a répété durant la journée : les conséquences, les classements, les maillots, ce qu’il faut attendre le lendemain. Le but étant d’avoir un après-Tour vraiment éclectique. Notre public va des enfants aux personnes âgées, en passant par les cyclotouristes et les amateurs éclairés. Les téléspectateurs s’intéressent à l’histoire de France, aux images d’hélicoptères, ou encore attendent Laurent Jalabert et ses explications sur ce qui va se passer sur le plan sportif. Notre petit plus, ce sont les deux motos-son au milieu du peloton, qui permettent d’être au cœur de l’événement. Si je pouvais avoir une caméra sur chaque vélo, ce serait formidable.

 

"Je pourrais me définir
                              comme un chef d’orchestre"

 

Quel est votre rôle au sein de ces rendez-vous ?
Je pourrais me définir comme un chef d’orchestre. Je commente, mais j’essaie aussi de faire intervenir tout le monde : les motos-son, Jean-Paul Ollivier qui s’occupe de l’histoire et des monuments, Laurent Jalabert dans son rôle de consultant et Gérard Holtz dont je suis le relais. J’essaie d’apporter mon regard sur les images, sur les classements et sur les ressentis. Je suis le commentateur du Tour, la voix du Tour comme me définissent les gens.

 

Prenez-vous toujours autant de plaisir à commenter des événements sportifs ?
Oh oui ! Lorsqu’on aime commenter, l’adrénaline, c’est le direct. Commenter le Tour avec la dimension que ça peut avoir, même si c’est assez difficile à imaginer et à palper, c’est un plaisir monumental ! Je considère que cela va au-delà du plaisir, c’est un privilège.

 

"Le cyclisme est
                       un sport populaire et gratuit"

 

Créé en 1903, le Tour de France est une des plus grandes épreuves sportives mondiales ; à votre avis, d’où vient la passion du public pour ce sport ?
L’année prochaine, ce sera la 100e édition : effectivement ça fait long ! Le cyclisme est un sport populaire et gratuit. C’est le seul qui passe devant chez soi et que l’on peut suivre ensuite à la télévision, c’est ça la force du Tour. Le vélo est souvent le premier sport que nous faisons après avoir appris à marcher. Je pense que la durée s’explique par le fait que le public aime le mélange entre paysages, histoires, défis et beauté du sport. Le Tour de France, c’est comme un grand livre qui se referme sur les Champs-Elysées. C’est une histoire vraiment à part, magique, et c’est pour cela que c’est aussi un succès d’audience.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans le cyclisme et en particulier dans cet événement ?
Je ne fais pas beaucoup de vélo et n’ai jamais été en course ; j’ai par conséquent dû apprendre, et je me suis imprégné de cette culture-là. Ce que j’apprécie particulièrement dans ce sport, c’est le côté humain. Les coureurs sont très abordables et il y a ce large panel de téléspectateurs qu’on ne retrouve pas dans les autres sports. Quand j’étais gamin, j’allais au Tour et je le regardais à la télévision. Aujourd’hui, c’est le 6e que je commente et c’est un rêve que je n’imaginais même pas faire un jour. Il suffit de regarder les gens qui ont commenté avant moi pour comprendre que c’est une place de roi, de prince, d’empereur.

 

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Propos recueillis par Emérentia Fouquet
Crédit photo : Ftv/DR

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