19 Novembre 2011
La rédaction de TF1 propose ce samedi à 13h25 sur TF1 le magazine Reportages, présentée par Claire Chazal. Sommaire
13h25 - Les mousquetaires à la conquête de New-York Un reportage de Julie Peyrard et Charlotte Lassalle. Montage : Eric Paget (Babel Press)
Imposer l'omelette aux cèpes et le confit de canard au pays du hamburger, c'est le pari réussi des chefs venus du Sud-ouest de la France à la conquête de New York. Du Gers pour Ariane Daguin, de la Vallée des Montreurs d'Ours en Ariège, pour Marie-Rose, aux fourneaux depuis plus de 60 ans à Broadway. Voici les histoires de ces mousquetaires de la gastronomie.
Ariane Daguin, fille d'André, a quitté ses Pyrénées natales il y a 26 ans et conquis
l'Amérique en jouant la carte du folklore français au pays du hamburger. Chaque premier dimanche de mai, elle orchestre à New York une féria, comme dans le Sud-ouest. Des épreuves gastronomiques
et des invités de marque pour promouvoir le terroir gascon. "J'ai envie de montrer mes racines : mon accent est de plus en plus accentué, je fais de la pétanque le 14 juillet (...) Ici,
il faut essayer de préserver nos racines à tout prix."
Un petit air du Sud-ouest flotte aussi à la Pergola des Artistes. Sa propriétaire, Marie-Rose Ponsolle, une ariègeoise de 84 ans, veille, infatigable, sur ses clients avec la même énergie qu'à
son arrivée à New-York il y a plus de 60 ans. Elle vient de la "vallée des Montreurs d'Ours" en Ariège. Une vallée, où jusqu'à la première guerre mondiale, les hommes domptaient les ours des
Pyrénées. "En France, ils ne faisaient pas d'argent. Mais ils sont passés en Angleterre puis de là, ils sont venus à New York !" De génération en génération, les Ariégeois vont
tenter leur chance aux États-Unis. A sa majorité, Marie-Rose n'hésitera pas une seconde : elle embarque sur un transatlantique, économise pendant 13 ans et en 1962, elle ouvre son restaurant
à deux pas des néons de Time Square.
14h05 - Voyage au bout de la mine... 15 ans après Un reportage de Julie Pichot Brice Meyer, Pascal Lorent, Thomas Chanzy
En 2002, à quelques mois de la fermeture du dernier puits de charbon en Lorraine, nous avions rencontré Lucien, Jean-Michel et Patrick. Dernières gueules noires, ils s'apprêtaient à quitter définitivement leur vie au fond, la mine, que Lucien appelait "sa deuxième maison". Certains sont restés au bord du bassin minier, d'autres ont choisi l'air du Sud. Sans regrets, ni nostalgie, des années plus tard, ils refont un petit voyage au bout de la mine.
Le carreau est silencieux, la roue du chevalement tourne dans le vide, la dernière mine de charbon a fermé ses portes mais
les mineurs sont toujours là et ils ont le métier chevillé au corps. " C'est comme le métier de marin pêcheur, c'est dur, mais on l'aime " explique Lucien Rezzadore. Le métier,
pourtant, était éprouvant : la poussière, l'humidité et la chaleur éprouvait les mineurs pendant toute la durée du poste. Et la menace omniprésente du "coup de grisou" tant
redouté.
En retrouvant l'ancienne "salle des pendus" aujourd'hui désertée, l'ancien syndicaliste se rappelle l'ambiance de camaraderie
"cette chaine qui liait tous les mineurs et qui est aujourd'hui rompue". Gérant d'une entreprise de chauffage, Lucien est resté sur place comme Patrick Michka qui consacre tout son
temps libre au bénévolat, promenant des enfants autistes à cheval, servant des déjeuners aux anciens avec son association "Solidarité gueules noires". Avec ses collègues, il a rénové la crypte de
l'église et profite à plein de ce temps libre offert par une retraite arrivée à l'âge de 45 ans.
Jean-Michel est parti avec sa femme dans le Tarn. Avec ses nouveaux amis, il a construit lui-même sa maison et n'a pas oublié
les années de mine ni cette dernière remontée que nous avions suivie il y a 12 ans. Depuis, son frère, mineur comme lui, a été emporté par la silicose. Il se dit pourtant prêt à redescendre au
fonds et à transmettre son métier. La passion du charbon est toujours là.
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Crédit Photo : TF1/J.Cauvin