6 Janvier 2012
Jusqu'à l'élection, Newstele vous propose chaque jour un article concernant un fait sur la présidentielle 2012.
Au hit-parade des icônes de la classe politique, la "pucelle d'Orléans" figure en bonne place, avec le général de Gaulle, Emile Zola ou Voltaire. Chacun y trouve toujours, quelle que soit son étiquette, une référence pour illustrer son propos. De la Jeanne sainte catholique à la chef de guerre, en passant par la femme du peuple ou la patriote.
Hasard du calendrier, ou peut-être pas, c'est la journée de demain, samedi, que la présidente du Front national et candidate à la présidentielle Marine Le Pen a retenue pour commémorer à son tour, à Paris et avec son père Jean-Marie, le souvenir de celle qui a "bouté les Anglais hors de France". Depuis de nombreuses années déjà, le FN a fait de Jeanne d'Arc, comme avant lui l'Action française d'extrême droite, l'un des symboles de sa geste anti-immigration et l'occasion d'un défilé chaque 1er mai.
Forts de cette antériorité, les dirigeants frontistes ne veulent voir dans l'hommage présidentiel à Jeanne d'Arc qu'une opportunité pour chasser des voix sur leurs terres. "Cela montre très clairement que le FN est au centre de la vie politique", se réjouit Marine Le Pen, "nous sommes les inspirateurs de l'essentiel des thématiques de la campagne présidentielle: immigration, insécurité, protectionnisme et maintenant, les grandes figures historiques". "En essayant de se réapproprier, au titre de la Nation, le symbole de Jeanne d'Arc, le président espère démontrer aux électeurs frontistes que ses valeurs ne sont pas si éloignées des leurs", analyse un cadre de la majorité, "et donc qu'il est digne de leurs voix au second tour".
L'Elysée se défend de toute arrière-pensée. "C'est le rôle du chef de l'Etat de rendre hommage aux grandes figures de notre l'histoire de France, comme il l'a fait avec Aimé Césaire ou Charles de Gaulle", plaide un proche. "Jeanne d'Arc, c'est le patriotisme laïque et la sainte catholique, un symbole de l'union nationale, pas du seul Front national", juge le député de l'aile droite de l'UMP Christian Vanneste, "il y en a assez de ce débat typiquement français sur l'appropriation de l'Histoire".
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Avec AFP
Crédit Photo : DR