12 Septembre 2013
Dans la série Profilage (TF1) Chloé Saint-Laurent est une criminologue atypique
et moderne qui a su ravir le cœur de millions de téléspectateurs. La fantaisie dont elle fait preuve, dans ses tenues et ses enquêtes, cache à peine le doute dans lequel elle se trouve. En quête
d'une mère disparue et d'une petite fille à adopter, elle se retrouve entre le bienveillant Rocher et le plus trouble Garrel au début de la saison 4... Odile
Vuillemin en dit plus sur le parcours de son personnage, à la fragilité très attachante.
Dans quel état d'esprit votre personnage aborde-t-il cette quatrième saison ?
En sortant du coma à
la fin de la saison 3, Chloé est persuadée que sa mère est vivante. Elle en veut beaucoup à Lamarck de lui avoir menti à ce sujet. En ce début de saison, elle rencontre une petite fille, Lily et
ressent un attachement très fort pour elle, au point de vouloir l'adopter. Elle doit cependant prouver aux autorités compétentes sa capacité à lui fournir tout l'amour et la stabilité
nécessaires. Enfin, la relation qu'elle entame avec Garrel, depuis l'apparition de ce dernier en fin de saison 3, vient troubler sa vie personnelle et professionnelle. En véritable protecteur, le
commandant Rocher voit d'ailleurs d'un très mauvais œil la naissance de cette idylle...
Que lui réservent ces nouveaux épisodes ?
Pour Chloé, c'est la saison de toutes les épreuves et des
révélations. C'est une femme qui tombe et doit trouver son chemin vers la lumière. Pour elle, adopter Lily symbolise la résolution de ses nombreux conflits intérieurs. Garrel et Chloé partagent
tous deux une sensibilité à fleur de peau, et éprouvent une forte attirance l'un pour l'autre. Mais Garrel est plus sombre qu'il y paraît et risque d'entraîner Chloé avec elle...
D'après vous, qu'est-ce qui touche autant Chloé chez Lily ?
Pour elle, cette rencontre est une
évidence : elles se reconnaissent l'une l'autre. Et le fait que cette petite fille ait perdu ses parents joue de façon plus ou moins inconsciente sur la fibre maternelle de Chloé.
Comment va évoluer sa relation avec le commandant Rocher ?
Un profond respect est au cœur de cette
relation, qui, pour de nombreux téléspectateurs, se teinte d'un « Et si ? ». Les auteurs de la série joueront d'ailleurs de cette ambiguïté avec l'épisode Réminiscences,
situé en milieu de saison. D'une certaine façon, Chloé est toujours à deux doigts de tomber. Et Rocher l'aide à ne pas passer du côté obscur. Dans l'épisode final, elle est persuadée d'avoir
retrouvé la trace de sa mère et veut partir à sa recherche. Rocher sait qu'elle va se faire du mal, mais au lieu de l'empêcher, il la soutient dans cette démarche. Il la protège et veille sur
elle.
Justement, comment avez-vous abordé l'épisode Réminiscences qui se situe en
1945 ?
Dans cet épisode, Philippe Bas et moi-même interprétons deux versions différentes de notre tandem : le duo contemporain Rocher / Saint-Laurent et celui de Barreau /
d'Anville en 1945. Par ailleurs, tourner cet épisode a été une expérience très riche... mais aussi très compliquée ! J'ai eu un peu de difficulté à passer d'un personnage à l'autre, de faire
en sorte qu'ils se ressemblent tout en possédant leurs particularités. C'était un exercice assez schizophrénique !
Dans cet épisode, il y a une vraie scène d'amour entre cette Chloé et ce Rocher bis. Faut-il y voir un parallèle avec
les personnages contemporains ?
Il est très amoureux d'elle, tandis qu'elle est plutôt libre et indépendante. Je pense qu'elle l'aimait aussi, mais personne
ne connaîtra jamais le fin mot de leur histoire... A moins que cela n'amorce de nouvelles pistes pour notre duo du 21e siècle...
Quelles séquences préférez-vous tourner, les enquêtes ou la vie privée de
Chloé ?
Les enquêtes, très bien faites, constituent le noyau de la série. Elles servent surtout de base pour développer la vie de nos
personnages et la saison 4 lui ménage beaucoup plus de moments à elle. Mon travail de comédienne est beaucoup mis à contribution dans les émotions que Chloé traverse dans sa vie personnelle. Ce
sont les moments que je préfère tourner, comme dans l'épisode Possession, où elle se retrouve au creux de la vague, se saoule et découche tous les soirs. C'était très drôle à
jouer ! Tout comme une grande partie du public, ce sont ces moments que j'attends et préfère dans une série. Quand je regarde Dr House par exemple, je me fiche totalement du
malade !
Vous êtes dans la peau d'une criminologue depuis 4 saisons. Avez-vous l'impression d'aborder différemment la
psychologie humaine aujourd'hui ?
Chloé travaille vraiment dans la compassion. Je partageais ce sentiment avec elle et je l'ai développé au cours de cette expérience. Mes
études de psychologie et sociologie m'ont encore plus sûrement préparée et aidée pour obtenir ce rôle.
Qu'est-ce qui vous attire chez Chloé Saint-Laurent ?
Au début, j'avais peur d'être lassée par
l'interprétation continue d'un seul personnage. Mais Chloé est une femme haute en couleur, qui peut se permettre tous les excès. Et puis les scénaristes ne se privent pas pour la faire évoluer.
Tout comme le public de la série, je grandis avec elle.
Quel est votre rapport avec le public ?
Le tournage de la série est très intense. Nous avons parfois l'impression de vivre en vase clos. Les preuves d'affection des téléspectateurs me sont principalement adressées via Facebook. Et alors que je traversais une période de
légère fatigue, j'ai eu la chance de les rencontrer au cours du Festival de la fiction de la Rochelle. Nous faisons ce travail aussi pour le public et c'est grâce à leur soutien que la série
trouve le succès. Un soutien qui m'a redonné des ailes.
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Interviews : Catherine Armagnac et Sylvain Thuret
Crédit
Photo : TF1/Christophe
Chevalin