30 Septembre 2011
Débarqué vendredi au profit de Bertrand Mosca, le directeur de France 2 Claude-Yves Robin fait les frais d'une rentrée décevante pour la chaîne, même si France Télévisions assure que cela n'est en
rien un "changement de cap" et seulement une simplification de l'organisation.
Réunion de famille de Jean-Luc Delarue, Avant-premières, le magazine culturel d'Elizabeth Tchoungui, ou le télé-crochet Sing-off, 100% vocal: autant de nouveautés sur laquelle la chaîne misait beaucoup en cette rentrée. Un mois après, la déception est de mise.
Si "Réunion de famille", le mardi soir, semble tout juste commencer à trouver sa place, "Avant-premières", en deuxième partie de soirée, a rassemblé moins de 250.000 téléspectateurs mercredi, tandis que le premier numéro de "Sing-off" samedi dernier a réuni moins de 2 millions de personnes, loin des performances que peuvent réaliser Michel Drucker ou Patrick Sébastien au même horaire. "Ce changement est d'abord consécutif au décès (mi-septembre) d'Alain Vautier, qui était directeur de l'antenne de France 2. Il jouait un rôle absolument clé", a toutefois assuré à l'AFP Rémy Pflimlin, le patron de France Télévisions.
Un proche de Rémy Pfimlin
"Plutôt que de le remplacer, j'ai préféré simplifier l'organisation en mettant un professionnel qui peut diriger l'antenne en plus de la fonction qu'avait Claude-Yves", a-t-il poursuivi, précisant que Claude-Yves Robin, à qui la direction de la communication de la chaîne a été proposée, n'avait pas encore donné sa réponse.
Bertrand Mosca, 55 ans, proche de Rémy Pflimlin, avait dirigé les programmes de France 3, lorsque l'actuel président du groupe audiovisuel public en était le patron, au début des années 2000. Depuis février 2011, il dirigeait la direction déléguée de l'innovation, de la diversité et des nouvelles cultures de France Télévisions, fonction qu'il conserve également.
Claude-Yves Robin, 48 ans, était arrivé en août 2010 à la direction de France 2, après avoir notamment dirigé France 5 et France 4.
"On a quelques émissions qui fonctionnent moins bien", a néanmoins admis Rémy Pflimlin. "Le magazine culturel, par définition, c'est un pari considérable et on va continuer à travailler pour l'améliorer. L'émission de Jean-Luc Delarue, elle, commence à mieux marcher". "Mais pour le reste, on a des émissions qui fonctionnent, comme nos fictions ou nos rendez-vous d'information. On a une polarisation sur deux ou trois émissions, alors que par ailleurs, cela marche", a-t-il insisté. "Il y un vrai travail d'amélioration à faire sur ce qui marche moins bien, mais il n'y a pas tout d'un coup la volonté d'avoir un changement de cap."
La SFJ de France inquiète
Dans un communiqué, la Société des journalistes (SDJ) de France 2 a cependant évoqué "l'échec de tous les nouveaux programmes", qui inquiète "profondément la rédaction", et souligné que "l'information est l'un des rares moteurs de la chaîne". Elle a également appelé Bertrand Mosca "à réagir en urgence, en envoyant un électrochoc, à tous les niveaux du groupe France Télévisions, dans les plus brefs délais".
Pour le PDG du groupe public, il n'y a pourtant pas urgence. "On doit prendre des risques et innover", assure-t-il. "Quand on a lancé +Plus belle la vie+ sur France 3, on avait parlé d'échec cinglant pendant les six premiers mois". "Ceux qui nous reprochent de ne pas nous différencier des TV privées ne nous jugent que sur des critères de télévisions privées, cela n'a aucun sens !", a-t-il conclu, soulignant que le service public "ne devait pas être jugé que sur les audiences".
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AFP
Crédit Photo : Claude Yves Robin - France2/DR