1 Juillet 2010
En quelques mois, Laurence Ferrari a réussi à installer son journal
de 20 Heures et y apporter une vraie patte, l’enrichissant par des enquêtes et des pages spéciales. Interview vérité avec la présentatrice du Journal le plus regardé d’Europe, dont les maîtres
mots sont la passion, la sérénité et l’émerveillement.
Vous êtes aux commandes du JT depuis août 2008. Quel est votre bilan ?
La période a été intense depuis mon arrivée mais j’ai réussi, au fil du temps, à acquérir une vraie sérénité
car je travaille avec une équipe ultraperformante et motivée. L’Information est pour moi une véritable passion et je vis comme un émerveillement le fait de faire naître, chaque jour, un Journal
différent, au service des téléspectateurs. Côté audiences, nous avons de bons résultats*, malgré une concurrence difficile : c’est une vraie preuve de confiance de la part des téléspectateurs et
une belle histoire qui s’écrit.
Quelle est votre touche personnelle ?
Elle s’est distillée au fil du temps. Avec Michel Floquet, le rédacteur en chef, nous avons d’abord mis à l’antenne, chaque jour, des enquêtes de 4 à 5 minutes afin de donner à nos
téléspectateurs toutes les clés pour comprendre un sujet. Nous souhaitions notamment toucher les plus jeunes et leur donner le réflexe de regarder le JT, qui est une référence en matière
d’information.
Autre évolution : vous avez intégré des « pages spéciales » durant
lesquelles vous êtes sur le terrain pour de grands événements…
Oui, nous essayons de les multiplier car elles permettent de montrer que le présentateur n’est pas bien au chaud dans son bureau parisien mais qu’il a la possibilité d’aller sur le terrain. Nous
avons intégré ces pages spéciales lors de grands dossiers internationaux comme l’Afghanistan, le Groenland au moment du sommet sur le réchauffement climatique ou lors de dossiers de proximité
comme l’hôpital ou la crise économique. Je suis reporter dans l’âme et retourner sur le terrain me passionne toujours autant.
Quelle est, à votre avis, la valeur ajoutée de TF1 en matière
d’Information ?
La plus-value de TF1 réside dans la puissance de la rédaction (avec 250 journalistes et des envoyés spéciaux sur le terrain), sa réactivité (on le voit avec les intempéries de mars, où une
dizaine d’équipes a minima ont pu se rendre très rapidement sur le terrain), son expertise (nos journalistes sont pour la plupart très expérimentés) et sa crédibilité. Dès qu’un grand événement
se produit, que ce soit le séisme en Haïti en janvier dernier ou la tempête dans l’ouest de la France en mars, les téléspectateurs ont le réflexe de suivre notre Journal, le plus regardé de
France et d’Europe, très loin devant nos concurrents. J’ajoute que nous collaborons de plus en plus avec TF1 News, le site Internet de TF1, complément idéal pour l’information de TF1 qui nous
permet de toucher un autre public et ramène les internautes à une information crédible. Nous essayons d’investir tous les champs du Net parce qu’il faut faire rayonner la marque TF1 sur tous les
réseaux sociaux : ainsi, j’ai mon twitter et nous venons de créer une page Facebook pour le 20 Heures.
Pensez-vous que l’édition du 20H soit différente de celle du 13H et des
Journaux du week-end ?
L’Information évolue au cours d’une journée et les angles des sujets sont différents. Même si Claire Chazal, Jean-Pierre Pernaut et moi-même sommes conscients de travailler sous la même bannière,
nos JT gardent leur propre identité. Jean-Pierre Pernaut a su créer un lien incroyable et exceptionnel avec son public : son JT comporte une partie très news et une plus « magazine », avec la vie
des régions. Pour le 20 Heures, nous sommes plus dans le news : nous tentons de rendre compte de toute l’information et de donner des clés de compréhension à travers des enquêtes et des pages
spéciales. Les journaux du week-end sont encore sur un autre mode car nous sommes alors sur un rythme différent.
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Interview : Emmanuelle Papin
* part de marché moyenne du JT de 20H en semaine (lundi-jeudi) : 7,8 millions de téléspectateurs pour 30,3 % de pda individus (sources Médiamat - Médiametrie)
Crédit Photo : TF1/DR