8 Octobre 2010
Quelques heures après la Une du journal Libération
montrant une photo érotique de Larry Clark, dont l'exposition dans un musée municipal parisien a été interdite aux mineurs, la mairie de
Paris a répliqué en envoyant à la presse les photos les plus crues de l'exposition.
La mairie de Paris a accusé Libération de n'avoir pas osé montrer les plus sensibles, livrant à ses lecteurs une vision « très chaste » du travail du photographe américain, selon l'adjoint à la Culture, Christophe Girard. Ces photos « compilées » par la mairie sont aussi celles qu'elle veut épargner aux yeux des mineurs. Les clichés retirés représentent un dixième de ce qui est montré dans l'exposition qui s'ouvre vendredi au musée d'art de moderne. On y voit des adolescents nus, se piquer ou en train de faire l'amour. Une telle interdiction est « très rare » et c'est quasiment « la première fois qu'elle est appliquée » depuis « la nouvelle loi votée en 2007 », avait souligné mardi Fabrice Hergott, directeur du MAM, rappelant que ce texte rend susceptible de poursuite toute présentation à un public mineur de photographies pouvant avoir un caractère pornographique.
Le maire Bertrand Delanoë a donc voulu taper un grand coup devant les critiques ravivées jeudi par la Une de Libération et ce soutien très explicite à Larry Clark. « La mairie de Paris prive les mineurs de l'exposition du photographe et cinéaste américain, chroniqueur du monde adolescent, de crainte de plaintes d'associations réactionnaires », fustige Libé en gros titre. Le quotidien interviewe l'artiste qui voit dans cette interdiction « une attaque contre la jeunesse, contre les adolescents ».
Les Verts parisiens ont été les premiers à s'élever contre une « autocensure ». Ils ont proposé à Bertrand Delanoë de remplacer l'interdiction « par une mise en garde claire à l'entrée du musée et dans la communication de la ville auprès du public sur le caractère parfois violent ou sexuellement explicite de certains des clichés ». La socialiste Ségolène Royal a aussi relevé jeudi que « Quand on voit le déferlement, hélas, de pornographie à la télévision et sur internet, je pense qu'un avertissement aux parents aurait suffi ». De même, Etienne Pinte, député UMP des Yvelines, a trouvé « regrettable » et « ridicule » qu'« aujourd'hui les adolescents ne puissent pas aller voir cette exposition de photos. La sexualité fait partie du monde de l'adolescence aujourd'hui plus qu'hier ».
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Avec AFP
Photo : Une de
libération du Jeudi 7 octobre 2010