1 Décembre 2011
Ce jeudi soir vers 23h00, France 2 propose dans le cadre du magazine Infrarouge le documentaire inédit Nés séropositifs : la vie devant soi. Un film inédit de Rémi Laine et Delphine Vailly.
En France, jusqu'en 1994 des milliers de mères ont transmis le virus du Sida à leur enfant. La plupart d'entre eux sont morts très jeunes. Quelques centaines ont survécu, comme Anne-Laure, 23 ans et Thomas, 20 ans. Leur corps a même contenu le virus, et ils peuvent désormais envisager l'avenir avec sérénité. Leur histoire, c'est celle du Sida des années 80, son mystère et sa stigmatisation. C'est aussi une histoire de secrets. Anne-Laure et Thomas ont mis un nom à leur maladie à l'adolescence seulement. Orphelin très jeunes, ils ont découvert, adolescents, les secrets de famille. Thomas découvre avec nous la vie de sa mère. Ces survivants sont condamnés à la plus douce des peines : la vie, qu'ils pourront même transmettre, sans risque.
Résumé
Anne-Laure, 23 ans, et Thomas, 20 ans, sont des rescapés. Ils sont nés séropositifs à la fin des années 80. Peu de ces enfants, un tiers seulement, ont survécu au virus du Sida transmis par leur
mère pendant la grossesse. Dans leur sang, le virus est toujours présent mais totalement sous contrôle grâce aux médicaments. Ils sont aujourd'hui les témoins très vivants des « années Sida ».
Des années mortelles, où la honte et le secret ont dû attendre les progrès de la médecine pour s'effacer peu à peu. Anne-Laure et Thomas sont en âge, aujourd'hui de donner la vie. Leurs enfants
seront, grâce à la science et parce qu'ils vivent dans un pays riche, lavés de toute trace du virus. Ces deux orphelins sont « Nés séropositifs » et espère fermer la parenthèse.
Thomas n'a pas connu ses parents. Sa mère très affaiblie par le Sida, l'a confié tout petit à une pouponnière de la région parisienne. C'est là qu'il a appris à marcher et à dire ses premiers
mots, avant d'être confié à une famille d'accueil dans le centre de la France. Devant la caméra, il retrouve les infirmières qui se sont occupées de lui, et reconstitue le fil de son histoire
manquante. Sa mère était une artiste, décoratrice-costumière à la Comédie française. Thomas est fier, et surpris. Il est apprenti peintre, et rêve lui-aussi de décors. Et comme elle, il aime les
chapeaux. Thomas vit comme tous les garçons de 20 ans. Avec son rêve, partir loin sur une île. Et une angoisse au goût particulier : comment faire avec les filles... ? Anne-Laure a peu connu sa
mère et à vu mourir son père, adolescente. Son histoire est marqué par le secret. C'est au collège, suite à un petit accident, qu'elle peut enfin mettre le nom de la maladie qu'elle porte.
Ni ses parents, ni ses grands parents, très proches d'elle, ne lui avaient dit la vérité auparavant. Un secret familial encore très présent, aussi lourd qu'une chape de plomb. « Ils avaient peur de perdre mon amour », excuse-t-elle aujourd'hui. Ce secret, elle le brise dès qu'elle le peut. Avec ses copines de la fac, ses amoureux, et désormais des lycéens avec lesquels elle multiplie les rencontres. Devenue militante de la prévention, elle découvre aussi avec effarement le regard que la société a porté sur sa maladie pendant un quart de siècle : mise en quarantaine des nouveau-nés, des personnalités mortes dans la honte du Sida, qualifiée pudiquement de « longue et douloureuse maladie ». Anne-Laure découvre aussi les images délavées du combat des associations et des artistes pour que la « maladie des pédés et des drogués » devienne aussi la combat de toute une société.
Suivez l'actualité médias avec newstele sur twitter et Facebook
Crédit Photo : France 2