14 Mai 2011
668 millions d'euros par an : c'est la somme que touchent les clubs de L1 depuis la saison 2008-09 et qu'ils espèrent conserver à l'issue de l'appel d'offres présenté vendredi par la Ligue de football professionnel (LFP) au siège parisien du cabinet d'avocats Clifford Chance, associé à l'élaboration du document. L'équation paraît complexe à résoudre alors que l'opérateur Orange, qui contribuait à hauteur de 203 millions d'euros par an pour un match le samedi soir, a choisi de renoncer au vu des audiences confidentielles de sa chaîne Orange Sport (environ 300.000 abonnés), et que Canal +, diffuseur historique, a dit et répété qu'il n'irait pas au-delà des 465 millions annuels qu'il débourse actuellement.
Une baisse des droits TV ?
« A chaque appel d'offres, on nous dit "Oh la la, ça va baisser". Et à chaque fois on a réussi à non seulement éviter la baisse, mais à augmenter. Mon objectif est clair, c'est de maintenir au moins le niveau actuel des droits de la L1 et croyez moi, nous y arriverons », assurait pourtant le président de la LFP Frédéric Thiriez au début du mois de mars. « On espère pouvoir obtenir au moins l'équivalent, sinon ça va être compliqué pour le football français qui n'a pas besoin de ça », a confirmé jeudi le président de Marseille Jean-Claude Dassier, interrogé par l'AFP.
Confrontés au ralentissement du marché des transferts, à la suppression du droit à l'image collectif (DIC) et à la perspective d'une baisse de la billetterie liée à la rénovation des stades avant l'Euro-2016, les clubs français semblent effectivement plus que jamais "télé-dépendants".
Hors transferts - l'autre source majeure de revenus -, les droits représentent en effet 58% des ressources des clubs de L1 sur la saison en cours, selon le rapport de la DNCG publié le mois dernier. Pour éviter de laisser Canal + en situation trop favorable et offrir aux clubs une source de "sécurité financière", selon les termes de Frédéric Thiriez, la LFP avait déjà bâti CFoot, sa propre chaîne, qui diffusera à partir du mois de juillet. Afin de mieux valoriser le championnat, le comité de pilotage formé par MM. Thiriez, Aulas (Lyon), Dassier (Marseille), Martel (Lens), Caïazzo (Saint-Etienne), Seydoux (Lille), Sadran (Toulouse) et Louvel (Le Havre) s'est également penché sur la nécessité de mieux l'exposer.
La Ligue 1 sur 3 jours
La journée de Ligue 1 pourrait ainsi être étalée sur trois jours, avec un premier match le vendredi soir, six le samedi et trois le dimanche, à trois horaires différents, sur le modèle anglais ou espagnol. En 2012, une journée de championnat commencera le vendredi à 21h, avec une première affiche. Le samedi, 3 cases horaires 17h, 19h et 21h. Enfin, le dimanche, 3 horaires seront possibles : 14h, 17h et 21h. « C'est dans l'air du temps et c'est une piste qui a été explorée », a confirmé à l'AFP une source proche du dossier.
Le nouvel accord passé mardi entre la Ligue de rugby et Canal+, qui prévoit une part variable en fonction du nombre d'abonnés et de l'audience, pourrait aussi être source d'inspiration. « On est très satisfait de ce qu'il ressort de nos travaux. Et confiant, car je pense qu'on a été assez novateur », a confié Jean-Pierre Louvel. Les résultats de l'appel d'offres ne devraient pas être connus avant la mi-juin.
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Sources : LFP/AFP/L'Equipe
Crédit Photo : AFP/Jeff Pachoud