15 Mars 2014
La rédaction de TF1 propose ce samedi à 13h25 le magazine Reportages, présentée par Claire Chazal. Sommaire
13h35 - Pensionnaires volontaires Un reportage d'Elisa Coudray et Joël Lefebvre. Montage : Nicolas Baudry d'Asson (Maximal)
"Sois sage! Sinon, c'est la pension !" La menace a fait trembler des générations de cancres. Mais si le pensionnat de papa effrayait, l'internat d'aujourd'hui séduit... Face à des parents éberlués, de plus en plus de jeunes demandent même à y être inscrits. Pendant près d'un an, nous avons suivi quatre pensionnaires volontaires : leur inscription, leur motivation mais aussi l'inquiétude de leurs parents. Nous les avons accompagnés à la rentrée, nous avons partagé leur vie quotidienne.
Surexcité... Pressé de découvrir enfin son lit. Maël, 12 ans, court dans les escaliers. Cette rentrée, il l'attend depuis des mois. "Ma mère m'a donné des boules Quies mais je ne pense pas que ça me servira... Si il y a du bazar, je le ferai avec les autres". Le garçon éclate de rire... L'internat, c'était son idée. A la maison, le garçon ne supporte pas la moindre règle, les disputes avec ses parents sont fréquentes. Un jour, il propose la pension. "S'éloigner pour mieux se retrouver". Après une longue réflexion, ses parents se laissent convaincre : "Pour nous, ce n'est pas simple à assumer, mais Maël est tellement content". Le garçon va devoir apprendre la vie de dortoir et ses nombreuses contraintes... Pas toujours évident. Pourtant, il est sûr d'avoir fait le bon choix : "ici, je ne peux pas trop me permettre de leur répondre. Et puis, j'ai envie que mes parents soient fiers".
"L'internat, c'est comme si j'allais dormir chez un ami tous les soirs !" Benjamin, 15 ans, était lui aussi conquis avant même d'avoir tenté l'expérience. Ses parents n'ont pas tout de suite compris son envie d'internat mais ont finalement accepté. Il faut dire que leur fils leur a promis de remonter sa moyenne : "A la maison, je n'arrive pas à me mettre au travail. Ici, avec les études obligatoires, je n'aurai plus le choix". Mais attention à ne pas trop se laisser distraire...
"J'ai envie de grandir !" Fusionnelle avec sa famille, Lucie, 15 ans, a pourtant décidé de quitter la maison. "C'est important d'apprendre à être plus indépendante, plus autonome". Pourtant, parfois, quand la nuit tombe sur le manoir, sa famille lui manque... Et il lui faudra un peu de temps pour s'habituer à la vie en groupe...
14h25 - Maître d'art cherche élève d'exception Un reportage d'Yvonne Debeaumarché, Thomas Vaillant. Montage : Guillaume Leblond (Docside Production)
Ils sont une petite centaine en France. Une poignée d'élus à avoir reçu le prestigieux titre de Maître d'Art. Décerné par le Ministère de la Culture, ce label distingue des artisans d'excellence, dépositaires de savoir-faire rares, hérités de traditions ancestrales. Les Maîtres d'Art incarnent un patrimoine vivant et, pour le préserver, tous sont tenus de transmettre leurs connaissances et leur tour de main à un élève, sur une période de trois ans.
A Colombes, l'atelier de Jean-Pierre Baquère, verrier à la flamme, est un havre de paix et de beauté. Jean-Pierre travaille le verre à l'aide d'un chalumeau et le transforme pour en faire des verres à pied d'une élégance rare, des flacons merveilleux... Ce savoir-faire, il le transmet à la jeune Florie avec qui il a noué un lien quasi-filial. Plus qu'un métier, il lui communique une philosophie de vie : "Etre Maitre d'Art c'est être présent du matin au soir, mais c'est aussi beaucoup de chance". Pour Florie, si les premiers contacts ont été difficiles, elle se sent désormais dans son élément "c'est très exigeant en termes de temps, de travail, mais c'est une volonté d'avoir un métier à peu à part. C'est complètement un autre rythme de vie, tu l'organises comme tu veux ton temps, et moi c'est ça que je veux".
A Marseille, Joël Laplane, luthier de guitare classique et flamenco, ne se voyait pas partir à la retraite en mettant la clef sous la porte. "Je crois que je ne pouvais pas imaginer ne pas transmettre, ne pas trouver quelqu'un pour continuer après moi (...) L'objectif, c'est que le métier continue d'exister". Grâce au dispositif Maître d'Art, il a pu transmettre son métier mais également son atelier à son élève, Yoann Charbonnier. Pour le jeune homme, commence alors une nouvelle vie, "ça ouvre une autre vision, d'avoir sa propre société, moi je suis beaucoup moins stressé qu'avant, mais il y a beaucoup plus d'heures derrière". Un exemple de transmission idéalement réussi.